Dans cet article je vais vous apporter une nouvelle approche à laquelle j’ai été formé cette année, la posturologie.

 

  1. Définition

La posturologie est une discipline médicale et paramédicale pluridisciplinaire qui étudie les mécanismes biomécaniques et neuro-physiologiques qui régulent les grands aplombs de l’être humain. La pathologie posturale est un déséquilibre de ces grands aplombs qui génère un excès de contraintes responsable de pathologies musculo-articulaires et d’une modification du schéma moteur. Autrement dit, la posturologie est l’étude de l’état d’équilibre du corps humain. Plusieurs capteurs travaillent de manière inconsciente et permanente à ce que notre corps soit érigé de la manière la plus économique possible.

Ce sont ces capteurs que nous allons tester :

  • articulaires ;
  • mandibulaires (articulation de la mâchoire) ;
  • visuels ;
  • podaux (pieds) ;
  • vestibulaires (oreille interne) ;
  • cutanés.

 

 

2. Formation

J’ai réalisé cette année la formation du Dr Gérard Vallier, médecin, ostéopathe et posturologue. Durant toutes ses années de pratique, le Dr Vallier a voulu cadrer et hiérarchiser les déséquilibres posturaux. Ce cadre sert aujourd’hui à tous les praticiens ayant suivi cette formation de parler un langage commun et de pouvoir réorienter de manière optimale son patient. Sur plusieurs jours, j’ai appris beaucoup sur les mécanismes de la posture et surtout sur comment reconnaitre un déséquilibre postural. Par différents tests, cette formation me permet aujourd’hui de savoir le ou les capteurs responsables d’un déséquilibre et où orienter mon patient si besoin.

 

3. Mise en place d’un bilan postural

Un bilan postural consiste à étudier ces différents capteurs pour déterminer celui ou ceux qui n’interagissent pas correctement et mettent ainsi certaines zones en contrainte. Ils sont la spécialité de différentes professions (kinésithérapeute, ostéopathe, médecin, dentiste, orthoptiste, ophtalmologue, podologue etc), les identifier permet donc de mieux les traiter, ensemble. Aujourd’hui, beaucoup de patients souffrent de douleurs chroniques, sans cause réellement flagrante. Le traitement de la conséquence (la douleur) fonctionne un temps mais le schéma finit par se réinstaller, encore et encore.

Pour mener à bien un bilan postural il faut réaliser plusieurs tests sur différents matériels. Les résultats obtenus permettent de connaitre le ou les capteurs incriminés et d’adapter le traitement pour qu’il soit durable. En fonction du schéma retrouvé le patient sera guidé, chez d’autres professionnels de santé si besoin, jusqu’à l’amélioration de la symptomatologie. Par exemple, si le capteur podal s’avère positif, le patient devra faire un contrôle chez un podologue pour le rééquilibrer.

Un bilan de posture n’est réalisable qu’en l’absence de douleur aiguë car les contractions musculaires, les positions antalgiques etc sont autant de choses qui peuvent fausser les tests. Si vous venez au cabinet avec une forte douleur, la première étape sera donc de la diminuer le plus possible afin d’effectuer les tests lors d’une seconde consultation moins algique.

Plusieurs photos seront réalisées afin d’avoir différents repères pour noter l’évolution du traitement. Votre dossier vous sera communiqué par mail pour que vous puissiez le montrer à un autre praticien si nécessaire (ex: podologue).

 

4. Tests

Le premier test réalisé est celui de la verticale de Barré, il permet non seulement la détermination de la classe posturale du patient mais également une orientation diagnostic des capteurs incriminés dans le déséquilibre postural. Pour le réaliser nous plaçons le patient sur une plateforme et nous analysons sa posture de profil et de dos. De profil, l’utilisation d’un fil a plomb permet de savoir si le patient part en avant, en arrière ou est neutre. De dos nous utiliserons un laser qui lui, permet de voir s’il est latéralisé, en haut et/ou en bas etc.

Ensuite nous réaliserons plusieurs tests de flexion antérieure de colonne (s’enrouler en avant comme pour toucher le sol) pour analyser s’il y a une différence de tonus musculaire ou non en utilisant la mâchoire ou les yeux.

 

Le patient passe ensuite sur un podoscope pour voir l’organisation des appuis au sol.              

Les cicatrices ainsi que le vestibule peuvent être tester également afin de mieux réorienter si besoin.

 

Une fois allongé, le praticien vérifie la rotation des membres qui peut montrer une différence de tonus. Les muscles de la ceinture scapulaire (les épaules) sont aussi testés en utilisant la mâchoire et les yeux. Ces tests permettent de confirmer ceux précédemment réalisés.

 

5. Travail pluridisciplinaire

Une fois le bilan réalisé, si plusieurs capteurs sont positifs, il faudra réaliser un arbre décisionnel de traitement. Savoir par où commencer et avec quel praticien est un point clé dans l’organisation du traitement. Le dossier qui vous sera fourni permettra au praticien concerné de suivre la même trajectoire de soin et nous permettra, à tous, d’avoir un suivi sur du long terme.

Les traitements de posturologie sont parfois longs et nécessitent plusieurs visites chez plusieurs professionnels de santé, mais le résultat est souvent à la hauteur.

 

À bientôt.

Alexis Goutierrez